Si vous souhaitez couvrir le remboursement de votre crédit immobilier en cas de licenciement, vous pouvez souscrire une assurance perte d’emploi. Cette option, souvent coûteuse et aux conditions très variables selon les assureurs, mérite d’être comprise en détail afin de choisir une protection réellement adaptée à votre situation. Voici comment sélectionner efficacement votre garantie en tenant compte de vos besoins et des critères les plus pertinents.
Les points clés
- Cette assurance facultative couvre vos mensualités de prêt immobilier en cas de perte d’emploi liée à un licenciement économique.
- La prise en charge dépend d’un délai de carence, d’une franchise et d’une durée d’indemnisation limitée.
- L’accès est réservé aux salariés en CDI répondant à des conditions strictes d’éligibilité et d’âge.
- La garantie peut fonctionner en indemnisation forfaitaire ou indemnitaire selon vos revenus en chômage.
Qu’est-ce que l’assurance perte d'emploi dans un contrat d'assurance emprunteur ?
Lorsque vous souscrivez un prêt immobilier, vous vous engagez sur plusieurs années. Pour se protéger contre l’impossibilité de rembourser le crédit en cas de licenciement, il existe une option spécifique : l’assurance perte d’emploi, parfois appelée « garantie chômage ».
Cette garantie est toujours facultative et doit être adossée à un contrat d’assurance emprunteur principal, incluant au minimum les garanties décès et incapacité. Elle permet la prise en charge totale ou partielle de vos mensualités en cas de chômage à la suite d’un licenciement économique, et parfois dans d’autres situations selon les contrats. Son fonctionnement repose sur des règles contractuelles bien définies, qui peuvent varier sensiblement d’un assureur à l’autre.
Elle est rarement exigée par les banques : si votre situation professionnelle était jugée trop instable, la banque n’accorderait tout simplement pas le prêt.
Il est donc essentiel d’évaluer votre propre risque de chômage prolongé. Par exemple :
- les fonctionnaires ne sont pas concernés ;
- les salariés de secteurs très dynamiques ou en forte tension ont peu de risques de chômage durable.
Dans ces cas, le surcoût important de la garantie n’est pas toujours utile. D’autant que les indemnités versées par France Travail peuvent déjà couvrir une partie significative du remboursement. Ce surcoût peut représenter 20 % à 40 % du coût total de votre assurance emprunteur, parfois même plus. Vous pouvez donc choisir de ne couvrir qu’une fraction de la mensualité (25 %, 50 %, 75 %), ce qui réduit sensiblement le coût du contrat, tout en vous laissant une marge de temps suffisante pour réorganiser votre budget.
Je compare
Comment fonctionne la garantie perte d’emploi et la prise en charge en cas de sinistre ?
Lorsqu’une perte d’emploi survient et qu’elle est couverte par le contrat, l’assurance ne se déclenche pas immédiatement. Deux mécanismes sont systématiquement prévus : la carence et la franchise.
Le délai de carence
Il s’agit d’une durée qui commence à la signature du contrat, pendant laquelle aucune indemnisation n’est possible, même en cas de licenciement. Elle varie de 3 à 12 mois selon les assureurs. L'objectif est d'éviter une souscription « opportuniste » d’un contrat lorsqu’un licenciement est imminent.
Le délai de franchise
Même après un licenciement indemnisable, la prise en charge ne commence pas immédiatement. La franchise correspond à une durée pendant laquelle l’assuré est au chômage mais l’assureur ne verse encore rien. Elle s’étend généralement de 60 à 180 jours selon les options choisies. Cela peut être difficile à anticiper si l’on ne dispose pas d’une épargne de précaution suffisante.
Les limites d’indemnisation de la garantie perte d’emploi
Les garanties prévoient des conditions strictes et sont réservées aux salariés du privé en contrat à durée indéterminée. L'assurance chômage prévoit aussi :
- une durée maximale d’indemnisation par période de chômage (souvent limitée à 12 mois consécutifs, après quoi la prise en charge s'arrête, même si l'assuré n'a pas retrouvé d'emploi). Cette durée est également soumise à un cumul maximal sur toute la durée du prêt (par exemple, 24 ou 36 mois au total) et s'interrompt dès que l'assuré retrouve un emploi ;
- un nombre limité d’événements indemnisés (souvent 3 périodes sur toute la durée du prêt) ;
- un âge limite de prise en charge (exemples fréquents : 55 ou 60 ans), au-delà duquel la garantie cesse automatiquement.
Démarches à effectuer en cas de sinistre
Pour déclencher l'indemnisation, les assureurs demanderont généralement :
- la lettre de licenciement ;
- votre contrat de travail et éventuellement des attestations employeur ;
- une preuve de l’inscription à France Travail ;
- les justificatifs des allocations versées par France Travail.
Le versement n’intervient qu’une fois le dossier complet validé. Il est essentiel de fournir rapidement ces pièces pour pouvoir bénéficier de l'indemnisation sans délai supplémentaire. Pour connaître les démarches en cas de sinistre, référez-vous aux conditions générales de votre contrat ou contactez directement votre assureur.
Quelles sont les conditions de souscription à l’assurance perte d’emploi ?
L'assurance perte emploi comporte plusieurs conditions d’éligibilité et exclusions courantes qu’il faut examiner attentivement.
Les conditions d’éligibilité les plus fréquentes
La majorité des assureurs exigent :
- un CDI au moment de la souscription (cette garantie est souvent inaccessible aux travailleurs indépendants, micro-entrepreneurs, professions libérales, artisans, intermittents, CDD, intérimaires ou saisonniers) ;
- une ancienneté minimale dans l’entreprise (souvent 6 ou 12 mois) ;
- que l’assuré ne soit ni en période d’essai, ni sous préavis ;
- un âge compris dans une tranche définie (ex. : souscription possible jusqu’à 50 ou 55 ans selon les contrats).
Les types de licenciements couverts par la garantie perte d'emploi
La plupart des contrats couvrent uniquement le licenciement économique ouvrant droit à l’indemnisation France Travail. Certains contrats plus complets peuvent également prendre en charge :
- le licenciement pour faute (hors faute lourde) ;
- certaines démissions reconnues légitimes, par exemple pour suivre un conjoint muté,
- certains cas d’inaptitude physique non indemnisés par ailleurs.
C'est le cas d'un certain nombre de contrats disponibles sur SwitchAssur. Pour en savoir plus, contactez nos conseillers au 04 26 04 18 88.
Les exclusions fréquentes
Selon les contrats, ne sont généralement pas couverts :
- la rupture conventionnelle ;
- la démission non légitime ;
- la pré-retraite ;
- le chômage partiel ;
- les fins de CDD, période d’essai ou mission intérim.
Mode d’indemnisation de la garantie chômage : forfaitaire vs indemnitaire
À l'instar d'autres couvertures de l'assurance emprunteur, selon votre contrat, l'indemnisation peut être :
- Indemnitaire : limitée à la perte de revenus réelle. Dans ce cas, l’assureur rembourse uniquement la différence entre votre ancien salaire et vos indemnités chômage. si votre perte est faible, l’indemnisation l’est aussi, ce qui peut laisser une partie de votre mensualité à votre charge. Ce mode est souvent moins cher à la souscription, mais offre une sécurité financière moindre en cas de chômage.
- Forfaitaire : montant fixe prévu au contrat. Ici, l’assureur verse chaque mois le montant défini à la souscription du contrat, sans tenir compte de vos allocations chômage ou de votre perte réelle de revenus. C’est une solution plus prévisible et souvent plus avantageuse pour sécuriser le remboursement de votre prêt, mais aussi plus coûteuse.
Il est recommandé de comparer plusieurs contrats afin d’identifier ceux qui répondent le mieux à vos principaux objectifs de sécurité et de flexibilité.
Je compare
Peut-on supprimer la garantie perte d’emploi lors d’un changement d’assurance emprunteur ?
Même si la loi permet aujourd’hui de changer d’assurance emprunteur à tout moment (loi Lemoine), la suppression de la garantie perte d’emploi n’est pas toujours simple lorsqu’elle a été souscrite dans l’assurance groupe de la banque.
En effet, lors d’une substitution, la banque compare le nouveau contrat avec celui d’origine sur la base du principe d’équivalence de garanties. Si la garantie perte d’emploi figurait dans le contrat initial, elle peut être considérée comme faisant partie des exigences minimales, même si elle n’était pas obligatoire au moment de la signature.
Dans ce cas, proposer un contrat sans cette option peut entraîner un refus de la banque pour non-équivalence. Cela dépend toutefois de la manière dont la garantie apparaît dans la Fiche Standardisée d’Information (FSI) :
- si elle n’est pas mentionnée dans les garanties requises, vous pourrez la supprimer sans difficulté ;
- si elle est listée dans la grille d’équivalence, la banque pourra en exiger le maintien.
En pratique, il est souvent plus simple de refuser la garantie perte d’emploi dès la souscription du prêt, plutôt que de chercher à la retirer ou à la résilier après coup, ce qui peut se révéler moins avantageux selon le contexte.
Une protection élargie grâce à notre contrat d'assistance
Si la garantie perte d’emploi prend en charge vos mensualités de crédit, elle n’a toutefois aucun impact sur le temps que vous mettrez à retrouver un travail.
SwitchAssur offre alors avec tous ses contrats d'assurance emprunteur un service exclusif pour faciliter le retour à l’emploi : SECURIMUT Assistance. Bilan professionnel, optimisation du CV, préparation aux entretiens, aide à la reconversion, conseils budgétaires... Ce service, accessible à tous les emprunteurs, avec ou sans garantie perte d’emploi, apporte un soutien concret et personnalisé.
Je compare